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SMOP (anciennement SOPK) : symptômes, fertilité et prise en charge
Le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien, désigné depuis mai 2026 par l’acronyme SMOP, est la maladie hormonale la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer et la première cause d’infertilité féminine selon l’Inserm. Il toucherait environ 10 % des femmes, et on estime que 70 % d’entre elles l’ignorent. Jusqu’en mai 2026, ce syndrome était connu sous le nom de SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) ; les deux termes coexistent durant une période de transition jusqu’en 2028.
Le SMOP est un syndrome hormonal et métabolique complexe dont les manifestations sont très variables : certaines femmes sont fortement impactées, d’autres présentent peu ou aucun signe apparent.
Symptômes du SMOP
Les manifestations les plus fréquentes du SMOP sont des règles irrégulières ou absentes, une prise de poids notamment abdominale, une pilosité excessive (particulièrement au visage, mais aussi sur la poitrine, les bras et les jambes), une acné hormonale persistante et des difficultés à concevoir.
Il existe par ailleurs une association documentée entre le SMOP et certaines pathologies métaboliques : diabète de type 2, maladies cardiovasculaires et risques liés à l’endomètre. Un bilan médical approfondi est donc recommandé si vous présentez ces symptômes.
La bonne nouvelle : la plupart des femmes atteintes de SMOP peuvent tout de même atteindre une grossesse. Vous pouvez également tester votre ovulation à domicile pour mieux identifier vos jours fertiles.
Qu’est-ce que le SMOP ?
Le SMOP a longtemps été appelé « syndrome des ovaires polykystiques » parce que l’échographie révèle souvent de nombreux follicules ovariens immatures. Ces follicules ne sont pas de véritables kystes, mais des ovocytes dont le développement ne s’est pas achevé normalement. C’est l’une des raisons pour lesquelles le terme « polykystique » a été jugé trompeur et remplacé par « métabolique ovarien polyendocrinien », qui reflète mieux la réalité hormonale et systémique de ce syndrome.
Pour établir un diagnostic de SMOP, deux des trois critères dits de Rotterdam doivent être présents :
- Des cycles irréguliers ou l’absence d’ovulation
- Un excès d’androgènes (testostérone élevée, pilosité excessive ou acné)
- Des follicules multiples visibles à l’échographie ovarienne
Si vous suspectez un SMOP, consultez votre médecin traitant ou demandez à être orientée vers un gynécologue ou un spécialiste de la fertilité.
Causes du SMOP
Le SMOP est d’origine multifactorielle : résistance à l’insuline, prédisposition génétique, surpoids et facteurs environnementaux sont souvent imbriqués. La résistance à l’insuline joue un rôle central : elle stimule les ovaires à produire un excès d’androgènes, ce qui perturbe la maturation folliculaire et l’ovulation. Elle favorise également la prise de poids abdominale, qui renforce à son tour la résistance à l’insuline, créant un cercle vicieux.
Il est important de souligner que le SMOP ne touche pas uniquement les femmes en surpoids. Des femmes de poids normal peuvent présenter exactement les mêmes symptômes hormonaux.
SMOP et fertilité
Le mécanisme hormonal du SMOP perturbe la maturation des follicules et régularité de l’ovulation, rendant la conception plus difficile. C’est une source de souffrance réelle, physique et psychologique, pour les femmes concernées.
Le traitement de première intention vise à régulariser ou déclencher l’ovulation. Selon les recommandations actuelles de l’ESHRE, le létrozole est aujourd’hui le traitement de première ligne pour l’induction de l’ovulation dans le cadre du SMOP. Par ailleurs, une prise en charge de mode de vie (alimentation, activité physique) constitue la base du traitement dans tous les cas.
Prise en charge du SMOP
Alimentation
L’alimentation à faible indice glycémique (IG) est l’approche nutritionnelle la plus recommandée pour les femmes atteintes de SMOP. Elle aide à stabiliser la glycémie et à améliorer la sensibilité à l’insuline. Les grands principes, cohérents avec les recommandations de prise en charge du SMOP :
- Limiter les sucres ajoutés et les produits ultra-transformés
- Réduire les glucides à IG élevé (pain blanc, riz blanc, pâtes trop cuites) et les remplacer par leurs équivalents à IG bas (céréales complètes, légumineuses, légumes)
- Inclure des protéines à chaque repas (viandes maigres, poisson, œufs, légumineuses)
- Favoriser les bonnes graisses (huile d’olive, avocat, poissons gras, noix)
- Varier les aliments et équilibrer les assiettes
- Commencer la journée par un petit-déjeuner riche en protéines (par exemple : pain complet, œuf à la coque et fromage blanc)
- Boire de l’eau en priorité
Activité physique
L’exercice régulier est un pilier de la prise en charge du SMOP. La musculation (renforcement musculaire) est particulièrement recommandée : elle améliore la sensibilité à l’insuline et favorise la perte de masse grasse. Une activité physique d’environ 150 minutes par semaine à intensité modérée est généralement conseillée.
Un mode de vie sain et actif améliore également les conditions dans lesquelles une grossesse pourrait se développer.
Traitement médical
La metformine, médicament initialement utilisé dans le traitement du diabète de type 2, est parfois prescrite pour améliorer la sensibilité à l’insuline chez les femmes atteintes de SMOP. Elle doit être prescrite et suivie par un médecin.
Sources :
Inserm – SMOP (anciennement SOPK)
VIDAL – Le SOPK devient le SMOP, mai 2026
Teede HJ et al. – Polyendocrine metabolic ovarian syndrome, the new name for polycystic ovary syndrome. The Lancet, 2026
Ameli.fr – Infertilité et bilan médical




