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La fausse couche, ou interruption spontanée de grossesse, est une réalité que de nombreuses femmes traversent au moins une fois au cours de leur vie reproductive. Douloureuse à vivre sur le plan émotionnel, et impossible à arrêter une fois déclenchée, elle reste une épreuve difficile pour les couples qui souhaitent avoir un enfant. Voici ce que vous devez savoir sur ses symptômes, ses causes et les facteurs de risque identifiés par les autorités de santé françaises.
À quelle fréquence survient une fausse couche ?
Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), une fausse couche précoce concerne 10 à 20 % des grossesses. On parle de fausse couche précoce lorsqu’elle survient avant la 14e semaine d’aménorrhée (SA), c’est-à-dire dans le premier trimestre de grossesse. C’est le cas le plus fréquent.
On parle de fausse couche tardive lorsqu’elle survient entre la 14e et la 22e SA. Plus rare, elle représente une épreuve émotionnelle particulièrement lourde pour la femme, qui a souvent eu le temps de se projeter dans sa grossesse et dans sa maternité.
Après une fausse couche isolée, les chances de concevoir et de mener une grossesse à terme restent généralement bonnes. Ce n’est qu’à partir de trois fausses couches consécutives, désignées sous le terme de fausses couches à répétition (FCR), qu’un bilan approfondi est recommandé selon les recommandations du CNGOF.
Quels sont les signes d’une fausse couche ?
Selon ameli.fr, les symptômes les plus fréquents d’une fausse couche sont des saignements vaginaux accompagnés de douleurs dans la partie basse du ventre, des pertes vaginales inhabituelles et une sensation de lourdeur dans le bas-ventre.
La fièvre et les symptômes évoquant une infection urinaire (brûlures, envies fréquentes d’uriner) sont des signaux d’alarme qui doivent conduire à consulter rapidement un médecin.
La grossesse arrêtée (« fausse couche silencieuse »)
Dans certains cas, la grossesse peut s’interrompre sans symptôme apparent. C’est ce que le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) appelle la grossesse arrêtée, parfois désignée par le terme « fausse couche silencieuse ». Dans ce cas, le corps continue à produire des hormones de grossesse alors que l’embryon n’est plus en vie et n’a pas été expulsé.
Le diagnostic est posé à l’échographie. Selon la situation, le médecin propose d’attendre l’expulsion naturelle, un traitement médical ou une aspiration utérine. Les règles reviennent généralement dans les quatre à six semaines qui suivent.
Causes de la fausse couche
Dans environ 50 à 60 % des cas, une fausse couche précoce est liée à une anomalie chromosomique accidentelle de l’embryon, indépendante de toute influence extérieure. Il s’agit le plus souvent d’accidents survenant au moment de la formation de l’ovocyte ou du spermatozoïde, généralement non héréditaires et impossibles à prévenir. Les causes restantes comprennent des pathologies maternelles (infections, troubles hormonaux, malformations utérines) ou restent inexpliquées.
Les facteurs de risque
Une étude menée à l’Université de Copenhague a identifié quatre facteurs susceptibles de contribuer au risque de fausse couche : l’âge de la mère, son poids (insuffisance pondérale ou surpoids), la consommation d’alcool et le travail de nuit.
L’âge maternel et la consommation d’alcool sont soulignés comme des facteurs particulièrement significatifs. Le risque de fausse couche est le plus faible entre 25 et 29 ans et augmente sensiblement à partir de 40 ans. Selon les auteurs de cette étude, une réduction de la consommation d’alcool permettrait à elle seule de diminuer le risque de fausse couche de 9 %. Les recommandations françaises vont plus loin : ameli.fr préconise une abstinence totale d’alcool pendant toute la durée de la grossesse, en raison de ses effets toxiques avérés sur le développement de l’embryon.
Le rôle du père
Les hommes ont également un rôle à jouer. Des travaux scientifiques publiés dans Wiley Online Library ont montré que les hommes qui fument présentent un risque accru de produire des spermatozoïdes porteurs d’anomalies de l’ADN, ce qui peut contribuer au risque de fausse couche. L’arrêt du tabac chez le père est donc une démarche bénéfique pour la santé reproductive du couple, au-delà de ses effets bien connus sur la santé en général.
En agissant sur ces facteurs de risque modifiables, les deux partenaires peuvent contribuer à réduire certains risques évitables.
En cas de doute concernant une fausse couche, une grossesse arrêtée, des fausses couches à répétition ou toute autre préoccupation liée à votre grossesse, consultez toujours votre médecin.
Sources :
Ameli.fr – Fausse couche
HAS – Fausse couche précoce : définitions et prise en charge
CNGOF – Recommandations sur les pertes de grossesse (2014)
Université de Copenhague – Bedre Sundhed for mor og barn (sund.ku.dk)
Wiley Online Library – Paternal smoking and sperm DNA integrity




