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Félicitations pour votre grossesse ! Nous savons que tomber enceinte avec un SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) représente souvent un chemin plus long et plus exigeant que pour beaucoup d’autres, et peut-être avez-vous eu besoin d’un accompagnement en centre d’AMP (assistance médicale à la procréation) pour en arriver là.
Note : le SOPK, également connu sous le nom de PCOS en anglais, a été officiellement renommé SMOP (Syndrome Métabolique Ovarien PolyEndocrinien) par l’Inserm en mai 2026. Nous continuons d’utiliser le terme SOPK dans cet article, qui reste le plus familier pour les patientes et les professionnels de santé.
Quelle que soit la façon dont cette grossesse s’est produite, vous portez maintenant un bébé en plein développement, et vous vous demandez sans doute comment votre diagnostic va interagir avec la suite de votre grossesse. Vous avez peut-être des inquiétudes sur les risques potentiels pour votre enfant et sur ce que vous devez faire ou éviter.
Cet article fait le point sur les complications possibles à connaître lorsque vous êtes enceinte avec un SOPK.
Comment le SOPK peut-il affecter la grossesse ?
Dans la grande majorité des cas, grossesse et SOPK coexistent sans difficultés majeures. Mais les études montrent que certaines complications sont légèrement plus fréquentes chez les femmes atteintes de SOPK. Voici les 7 principales.
1. Risque accru de fausse couche
Au premier trimestre, les femmes atteintes de SOPK présentent un risque de fausse couche environ 3 fois plus élevé que les femmes sans ce syndrome. Ce risque est notamment lié aux déséquilibres hormonaux et à l’insulinorésistance fréquemment associés au SOPK.
Des recherches sont en cours pour évaluer si certains traitements médicamenteux peuvent réduire ce risque. Les résultats disponibles à ce jour restent mitigés. Si vous avez des inquiétudes à ce sujet, parlez-en à votre gynécologue ou sage-femme dès le début de votre suivi prénatal.
2. Diabète gestationnel
Selon une méta-analyse de Qin et al. publiée dans Reproductive Biology and Endocrinology (2013), portant sur plus de 120 000 femmes, les femmes enceintes atteintes de SOPK ont environ 2,3 fois plus de risque de développer un diabète gestationnel par rapport aux femmes sans SOPK. Ce risque est principalement lié à l’insulinorésistance fréquemment associée au SOPK.
Le diabète gestationnel peut entraîner des complications pour la mère et pour le bébé. En France, si votre équipe médicale est informée de votre diagnostic de SOPK, un dépistage systématique du diabète gestationnel vous sera proposé, généralement entre la 24ème et la 28ème semaine de grossesse, sous forme d’une HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale). Ce dépistage est remboursé par l’Assurance Maladie pour les femmes présentant des facteurs de risque, dont le SOPK. En cas de résultat positif, votre médecin ou sage-femme vous accompagnera pour adapter votre alimentation et votre prise en charge.
3. Prééclampsie et hypertension artérielle
La même méta-analyse de Qin et al. (2013) montre que les femmes enceintes atteintes de SOPK sont environ 1,9 fois plus susceptibles de développer une hypertension artérielle gestationnelle, susceptible d’évoluer vers une prééclampsie. Même si cette augmentation du risque reste modérée, il est important d’être attentive aux symptômes suivants et de les signaler sans attendre à votre équipe médicale :
- Maux de tête persistants ou inhabituels
- Troubles visuels (vision floue, points lumineux)
- Gonflement soudain des mains, du visage ou des chevilles
- Douleurs sous les côtes droites
4. Accouchement prématuré
Le SOPK est associé à un risque légèrement accru d’accouchement prématuré, en lien notamment avec les risques plus élevés de diabète gestationnel et de prééclampsie, qui peuvent conduire à un déclenchement précoce du travail. Il est cependant important de souligner que ce risque reste faible en valeur absolue : la grande majorité des femmes avec SOPK accouchent à terme.
5. Macrosomie (poids de naissance élevé)
Les bébés nés de mères atteintes de SOPK ont un risque légèrement accru de macrosomie, c’est-à-dire un poids de naissance supérieur à 4 kg, souvent en lien avec le diabète gestationnel. Un bébé plus grand peut représenter un défi lors de l’accouchement.
Il est important de préciser qu’un poids de naissance élevé ne préjuge pas des problèmes de santé à long terme de l’enfant. En revanche, un nouveau-né macrosome peut présenter une hypoglycémie transitoire après la naissance, qui sera surveillée par l’équipe de maternité. Certaines études indiquent également un risque légèrement accru de surpoids à l’âge adulte pour ces enfants.
6. Risque accru de césarienne
Les complications telles que l’hypertension artérielle et la macrosomie augmentent le risque d’accouchement par césarienne chez les femmes atteintes de SOPK. Votre équipe obstétricale en tiendra compte dans la préparation de votre accouchement.
7. Le SOPK peut être transmis à vos filles
Si vous attendez une fille, il existe un risque accru qu’elle développe elle aussi un SOPK à l’âge adulte. Comme le confirme l’Inserm, la composante héréditaire du SOPK est bien établie, avec un rôle important de l’épigénétique dans sa transmission de mère en fille. Cela ne signifie pas que votre fille développera nécessairement un SOPK, mais il peut être utile d’en informer son gynécologue le moment venu, afin d’être vigilante si des symptômes apparaissent à l’adolescence ou à l’âge adulte.
Que peut-on faire pour réduire les risques ?
Lorsque vous êtes enceinte avec un SOPK, il est recommandé de suivre attentivement les conseils de votre gynécologue-obstétricien ou de votre sage-femme tout au long des trois trimestres, notamment en ce qui concerne l’alimentation et l’activité physique. Pour limiter les différents risques, il est conseillé de :
- Ne pas dépasser les recommandations de prise de poids pendant la grossesse
- Pratiquer une activité physique douce et adaptée régulièrement
- Adopter une alimentation saine et équilibrée, particulièrement importante en cas d’insulinorésistance liée au SOPK
Un suivi prénatal rapproché par un gynécologue-obstétricien est recommandé en cas de grossesse avec SOPK. En France, le dépistage du diabète gestationnel et le suivi tensionnel régulier font partie des points de surveillance prioritaires pour les grossesses à risque.
Pensez également à poursuivre votre supplémentation en acide folique tout au long de la grossesse : l’Acide folique Babyplan est disponible dans notre boutique.
Sources :
- Qin JZ et al. Obstetric complications in women with polycystic ovary syndrome: a systematic review and meta-analysis. Reprod Biol Endocrinol. 2013;11:56 (PMID: 23826108)
- Boomsma CM et al. A meta-analysis of pregnancy outcomes in women with polycystic ovary syndrome. Hum Reprod Update. 2006;12(6):673-83 (PMID: 16891296)
- Inserm. Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
- Inserm. Transmission du SOPK de mère en fille : l’épigénétique en cause (2021)




